Va-et-vient

Va-et-vient est une série au long cours. Depuis des années, j’immortalise de manière répétitive les jambes des passants que je croise. Ce travail photographique illustre les thèmes du passage, de la solitude et du passage qui me tiennent toujours à coeur.

À l’inverse de certains photographes de rue, j’ai tendance à maintenir de la distance avec mon sujet. Sans doute par pudeur mais surement aussi car je trouve par là un moyen de nourrir l’imagination du spectateur. Je n’immortalise jamais aucun visage, aucun élément contextuel ne permet non plus de définir le lieu de la prise de vue. Où vont, d’où viennent, ces bipèdes anonymes qui traversent le cadre ?

Ces scènes de rues sont finalement on ne peut plus ordinaires. C’est d’ailleurs volontaire, car de cette banalité se répand une sincérité à laquelle je suis sensible. C’est la vie de tous les jours qui s’exposent à nous sans artifices.

Critique de la série « va-et-vient » par Michel King :

Lo Kee n’ouvre pas son obturateur sur les neiges du Kilimandjaro, les ruines d’Angkor, les chutes du Niagara… Non, ce flâneur des rues, photographie le gris bitume et les pas qui l’animent. En traverse de rue un cliché de Lo Kee m’apparait ; je traverse ce miroir de ses songes. Ses passages piétons nous mènent sur la bordure de nos rêves architecturaux. Il commerce avec les ombres ; il en est amoureux. Ses ombres basculent, bousculent, rythment, désignent, se nappent, se silhouettent. Lo Kee me projette non pas un clair de lune mais un clair d’ombre qui éclaire ma marche de myope prosaïque...

Michel King, doyen des Peintres Officiels de la Marine, Chevalier de l’Ordre National du Mérite, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres et Président de la Société Nationale des Beaux-Arts.